Bienvenue dans le Bulletin du CSEF du mois de septembre!

Nous vous proposons des exemples de l’action de la société civile sur trois continents : en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Ce numéro rapporte le travail des coalitions nationales de l’éducation du Ghana, des Iles Salomon et de la République dominicaine. Ces exemples locaux démontrent que les organisations de la société civile peuvent faire changer les choses et qu’avec un soutien local et international, d'importants progrès peuvent être accomplis pour influencer les politiques nationales et scolariser tous les enfants, même dans un environnement stratégique très difficile. Un autre changement a eu lieu aussi au niveau international avec la transformation de l’Initiative Fast Track (FTI) en Partenariat mondial pour l’éducation. La CME vous encourage vivement à participer à la campagne de reconstitution des ressources du GPE à l'approche des réunions de donateurs du 7-8 novembre à Copenhague.

Le contenu de ce Bulletin sera publié sur KARL. Nous invitons toutes les coalitions CSEF à utiliser cet outil interactif pour partager leurs expériences, s'enrichir les unes les autres et rencontrer d'autres personnes qui partagent leurs centres d'intérêts. Pour toute question, veuillez envoyer un e-mail à kjersti@campaignforeducation.org.

Geoffrey et Kjersti



Bulletin nouvel du Fonds de la société civile pour l’éducation / Civil Society Education Fund (CSEF) September

Le Ghana pour l’éducation des filles !
1 En 2011, la GNECC (Coalition nationale de campagne pour l’éducation au Ghana) a vigoureusement défendu l’éducation des femmes et des filles. Plusieurs études ont mis en évidence des chiffres élevés d’abandon scolaire chez les filles dans les niveaux supérieurs de l’éducation de base au Ghana, souvent dus à des grossesses adolescentes. Dans l’un de ses messages de campagne au ministre de l’Education, au ministre de la Femme et de l’Enfance et au Comité parlementaire sur l’éducation pendant la Semaine mondiale d’action, la GNECC exigeait la mise en place d’une stratégie globale sur l’éducation des femmes et des filles, avec des dispositions spécifiques pour la rescolarisation des jeunes filles qui ont abondonné leurs études suite à une grossesse précoce ou d’autres raisons. Ces inquiétudes ont aussi été relayées dans le document de position 2011 de la société civile présenté et discuté lors de l’examen national annuel du secteur éducatif effectué par le gouvernement. Face à la persistence des pressions publiques, le Comité parlementaire et le ministère de l'Education ont promis de se concentrer sur l'éducation des filles et leur maintient à l'école, alors qu'un dialogue s’instaurait entre la société civile et le département chargé de l’éducation des filles au sein du Service de l’éducation du Ghana. La ministre de l’Education a affirmé qu’elle était déterminée à préparer une politique sur l’égalité des sexes dans l’éducation dans le cadre du programme gouvernemental 2012 pour répondre aux inquiétudes soulevées par la société civile.

La GNECC a acquis une position influente de défenseur de l’éducation après des années de mobilisation d’une large variété d’organisations de la société civile dans le pays à travers des campagnes et dans le cadre de l’Examen annuel du secteur éducatif mené par les OSC. En fournissant une plateforme commune pour la société civile et en représentant ses points de vue dans le dialogue avec les responsables politiques, la coalition a contribué à plusieurs changements politiques majeurs, en particulier : l’augmentation des dépenses pour l’éducation, le développement des programmes d’alimentation scolaire, la hausse des subventions de l’Etat aux écoles et la construction de salles de classe supplémentaires dans le cadre du Plan stratégique de l’éducation.

Cliquez ici pour visionner le documentaire réalisé par la GNECC pour la Semaine mondiale d’action 2011 - ‘Educating to unlock potentials’ (Eduquer pour libérer les potentiels).

En savoir plus sur le site Internet de la GNECC : http://www.gnecc.org/
Vers une politique nationale d’alphabétisation aux Iles Salomon
L’un des premiers objectifs de la Coalition de l’éducation des Iles Salomon (COESI) est de jouer un rôle dans le développement de stratégies éducatives efficaces. Les derniers mois, la coalition a fait beaucoup d’efforts pour renforcer sa position auprès des décisionnaires et responsables politiques clés, notamment dans le secteur de l'alphabétisation et l'éducation des adultes, afin de générer des changements politiques dans le domaine de l'alphabétisation. L’alphabétisation est définie aux Iles Salomon comme une compétence fondamentale, mais en dépit des promesses du Cadre stratégique de l’éducation (2007-2015) d’améliorer les niveaux d’alphabétisation et de calcul dans le pays, il n’existe à ce jour aucune politique en la matière. Admise cette année dans le Groupe de travail technique sur l’alphabétisation, la COESI a attiré l’attention du ministère de l’Éducation sur l’importance de l’alphabétisation et a eu l’occasion pour la première fois de collaborer avec le ministère pour développer une stratégie nationale d’alphabétisation. Le Groupe de travail et le ministère ont ainsi élaboré ensemble un programme national d’alphabétisation. Ce programme devrait être mis en œuvre par le gouvernement avec l’aide des partenaires au développement. En outre, la COSEI a participé avec le Groupe de travail technique à l’élaboration d’une proposition de note de concept sur la politique nationale d’alphabétisation, note qui a été présentée au ministre pour approbation et qui devrait ouvrir la voie à l’établissement d’une politique nationale d'alphabétisation avant la fin de l'année.

La COESI vient de publier une enquête sur l’alphabétisation et l’éducation dans les provinces d’Isabel et de RenBel qui dévoile les taux d’alphabétisation les plus faibles du pays. Dans la province d’Isabel, par exemple, seuls 45,2 % des enfants ayant achevé le cycle secondaire savent réellement lire et écrire. Le rapport, présenté pendant l’examen annuel commun du Plan national d’action pour l’éducation de cette année, révèle l’ampleur des défis dans le secteur éducatif. Il recommande au ministère de l’Éducation et aux autres acteurs de placer l’alphabétisation en tête des priorités et de mettre en place des stratégies appropriées.

Cliquez ici pour consulter l’Enquête sur l’éducation et l’alphabétisation dans les provinces d’Isabel et de RenBel.
Le Forum socio-éducatif de la République dominicaine publie son premier Bulletin de surveillance du budget de l’éducation
3Fin juillet, le Forum socio-éducatif (Foro Socioeducativo), une coalition nationale qui défend le droit à l’éducation en République dominicaine, a publié le premier Bulletin de surveillance du budget de l’éducation, qui suit le budget du ministère de l’Éducation. Il s’avère qu’entre 1999 et 2011, le gouvernement dominicain n’a pas honoré la disposition 66-97 de la Loi sur l’éducation portant sur l’allocation minimum de 4 % du PIB à l’éducation. En conséquence, le gouvernement a accumulé aujourd’hui une dette légale de 8,23 milliards de dollars US envers le secteur éducatif.

Le Groupe de surveillance du budget de l’éducation élabore différents outils techniques pour surveiller le budget de l’éducation publique et renforcer le rôle de la société civile dans les mécanismes d’audit social. Le Bulletin de surveillance du budget de l’éducation constitue l’un de ses outils. Dans sa première édition, il analyse les différents plans décennaux développés dans le pays entre 1992 et 2011 pour le secteur éducatif. Il considère la faiblesse des investissements dans l’éducation comme un facteur déterminant des carences et de la mauvaise qualité du système éducatif en République dominicaine.

Les informations révélées par le Groupe de surveillance du budget de l’éducation, selon lesquelles le gouvernement avait accumulé une dette légale envers l’éducation, ont été largement diffusées et sont exploitées par la société civile pour exhorter les autorités à augmenter la part des dépenses publiques allouée à l’éducation en 2012. Une campagne publique de masse pour une éducation plus digne a ainsi été organisée pour exiger du gouvernement qu'il se conforme à son obligation légale de consacrer 4 % du PIB à l’éducation.

Le Conseil national de l’éducation vient d’approuver l’allocation de 4,09 % du PIB au secteur pour l’année à venir. Le Conseil national de développement et le Congrès national de la République dominicaine vont prochainement examiner le montant.

La version complète du Bulletin de surveillance du budget de l’éducation peut être consultée sur le site Internet du Forum socio-éducatif de la République dominicaine Cliquez ici
Le nouveau visage du FTI
4 Le 21 septembre 2011, l’Initiative Fast Track de l’Éducation pour tous (FTI-EPT) est officiellement devenue le Partenariat mondial pour l’éducation (en anglais Global Partnership for Education ou GPE), avec un nouveau logo et un nouveau site Internet. Cette nouvelle image s’inscrit dans un processus de réponse aux changements intervenus au sein de l'ancien FTI. Pour en savoir plus sur le Partenariat mondial pour l’éducation, rendez-vous sur le site
http://www.globalpartnership.org/
La société civile se mobilise autour de la campagne de reconstitution des ressources !
5 Le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE, anciennement Initiative Fast Track – FTI) se concentre actuellement sur sa campagne de reconstitution des ressources qui vise à mobiliser des engagements politiques et financiers en faveur de l'éducation. Les réunions des donateurs à Copenhague les 7 et 8 novembre 2011 s’efforceront d’obtenir des aides suffisantes et prévisibles des bailleurs de fonds et de garantir que les pays partenaires en voie de développement fourniront des ressources internes soutenues pour l'éducation.

La Campagne mondiale pour l'éducation (CME) soutient les réunions à Copenhague, qui constituent les premières grandes initiatives de reconstitution des ressources depuis 2007, qui se déroule à un moment crucial, en pleine crise internationale du financement de l'éducation. C’est l’occasion pour les défenseurs de l’éducation et la société civile à travers le globe de lancer une initiative concertée pour adresser leurs demandes aux bailleurs de fonds et aux décideurs. En conséquence, la CME a lancé une campagne intitulée Financer l'avenir : Les droits à l’éducation, maintenant qui, en accord avec les objectifs de reconstitution des ressources du GPE, appelle à :
  • Une contribution de 2,5 milliards USD au Fonds du GPE
  • Des engagements supplémentaires pour l'éducation de base d'un montant de 8 milliards USD à fournir par des organisations bilatérales et multilatérales, du secteur privé et de la société civile
  • Des engagements politiques de toutes les parties concernées pour garantir la distribution fiable des fonds, l’éducation de qualité à tous les niveaux, un effort commun pour l’éducation des filles et de meilleurs résultats de l’apprentissage
  • Davantage de financements internes des pays en développement pour l’éducation de base
Alors que les États-Unis, les Pays-Bas, le Danemark et l’Espagne réduisent leur aide à l’éducation de base, le danger est grand de voir reculer le financement de l’éducation . D’autres pays comme la France, l’Allemagne et le Japon ont promis des montants d’aide bien inférieurs à leur obligation de fournir une « part équitable » par rapport à leur richesse nationale. Les conséquences de cette tendance seront catastrophiques. Le Burkina Faso, par exemple, perdra ses cinq principaux donateurs qui représentent plus de 50 % de l’aide à l’éducation du pays, et un sort similaire risque de frapper d’autres pays très dépendants de l’aide comme le Cambodge, le Nicaragua et le Vietnam (exemples tirés du rapport Brookings, Prospects for Bilateral Aid to Basic Education Put Students at Risk).

Les coalitions nationales de l’éducation peuvent peser sur la campagne de reconstitution des ressources de diverses manières, en poussant les ministres nationaux de l'Éducation à participer aux réunions de Copenhague, en envoyant des missives aux ambassades du G7, en impliquant les médias et en communiquant avec les représentants de la société civile qui siègent au Conseil d'administration du GPE pour qu'ils transmettent vos messages pendant les réunions de reconstitution des ressources. La CME a hâte de collaborer avec ses membres sur ce thème et se réjouit de découvrir leurs points de vue et leurs propositions pour exploiter au mieux cette opportunité unique ! Nous vous enverrons d’autres informations à ce sujet très prochainement, mais n’hésitez pas d’ici là à contacter Alex alex@campaignforeducation.org pour soumettre vos idées, vos commentaires ou vos questions.
Sources: