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Région Afrique de la CME : Résumé des actualités, mai 2017

Tanzania TENMETTANZANIE : Faire tomber les obstacles à l’éducation en Tanzanie

La Tanzania a  l'un des taux de mariage des enfants les plus élevés du monde. Près de deux filles sur cinq en Tanzanie sont mariées avant leur 18ème anniversaire ; ceci prévaut particulièrement dans les zones rurales où les enfants sont mariés dès l’âge de 11 ans. Le membre tanzanien de la CME TEN/MET (réseau d'éducation de la Tanzanie/Mtandao Wa Elimu Tanzania) défend depuis longtemps la fin du mariage des enfants, qui constitue un obstacle majeur pour l’accès des filles à l’éducation. Les filles déscolarisées sont plus vulnérables au mariage des enfants, et une grossesse précoce et un mariage d’enfant peuvent également obliger les filles à abandonner l'école. Pour la dernière journée internationale pour les filles l'année dernière, la coalition a organisé un événement à Singida, une province où la violation des droits des filles est tristement trop courante. Près de 1 000 élèves y ont participé, des filles tenant des pancartes disant à leurs parents qu’elles voulaient une éducation, et pas un mariage précoce. Le message a fait les gros titres et a ajouté à la campagne, déjà réussie, de la coalition pour aider les filles à revenir dans le système d'éducation officiel. Par conséquent, le ministre de l'éducation a adopté une politique sur la réintégration à l’école des filles qui avaient abandonné, principalement en raison d’une grossesse.

Vers une histoire à succès de notre coalition tanzanienne ! Pendant la semaine mondiale d'action pour l’éducation l'année dernière, TEN/MET a fait campagne autour du besoin d’un financement accru de l’éducation pour les enfants handicapés. Aujourd’hui, pour la première fois, le gouvernement a inclus un montant spécifique aux enfants handicapés dans le budget 2016/2017, soit 16 milliards de shillings tanzaniens (environ 7 millions $ US).

Découvrez les courtes vidéos de TEN/MET sur le mariage précoce et le financement de l’éducation pour les enfants handicapés.

Burkina FasoBURKINA FASO : Responsables traditionnels et société civile unis dans la lutte pour l’éducation

L’exploration minière, en particulier l’exploitation aurifère, joue un rôle important dans l’économie du Burkina Faso. Malheureusement, le travail des enfants est une pratique courante dans les sites miniers informels. En cherchant à s'aider et à aider leurs familles, des milliers d’enfants Burkinabés travaillent au lieu d'aller à l’école.

Dans le cadre de son plaidoyer pour le droit à l’éducation des enfants, une délégation du réseau de membres de la CME, la Coalition Nationale pour l’Education pour Tous du Burkina Faso (CNEPT) a été reçue par un responsable traditionnel à Bobo-Dioulasso, connu comme le « chef de canton ». Le chef a bien accueilli l’engagement de la société civile et a annoncé qu’il s’engageait dans la lutte de la coalition pour une éducation inclusive, équitable et de qualité. Pour lui et ses prédécesseurs, l'éducation est essentielle à l'évolution harmonieuse de la société. De plus, le chef est prêt à travailler avec les autorités et les communautés pour réaliser le programme Education 2030 au Burkina Faso.

La délégation a profité de cette visite pour communiquer sur son plan d'action 2016-2018 sur trois ans, conformément au programme ambitieux de la CME des Fonds de la société civile pour l’éducation (CSEF), ainsi que des supports affichant son message clé : Le gouvernement doit investir davantage de ressources dans l’éducation dès maintenant. C’est le seul moyen pour que la génération suivante soit dotée des compétences nécessaires à la contribution au développement de son pays. 

Ghana pressGHANA : Le Ghana doit rendre l'éducation secondaire gratuite en 2017, mais l’offre à tous les niveaux reste difficile 

En février 2017, le président du Ghana Nana Akufo-Addo a annoncé que la mise en œuvre de la politique d'éducation secondaire gratuite (ou « Politique SHS gratuite ») commencerait en septembre 2017. C’était l’une des principales promesses faites par le nouveau gouvernement lors de la campagne électorale. Si elle était déployée avec succès, elle mettrait à mal l'idée selon laquelle l'éducation est réservée à l’élite de la société. Le président de l'Association nationale des enseignants diplômés, Christian Addae-Poku, a fait l'éloge de cette avancée pour le droit à l’éducation au Ghana :

« En tant qu’enseignant, je connais les chocs auxquels les élèves sont confrontés lorsqu’ils sont virés de la classe pour non paiement des frais. Je sais que les élèves sont affectés psychologiquement lorsqu’ils arrivent à l’école l’estomac vide. Cette politique éliminera ces poids. »

L'annonce a donné lieu à de nombreuses discussions et à beaucoup de spéculation dans le public et les médias au sujet du coût de la mise en œuvre, de la source des fonds et de la viabilité à long terme. Enfin, en mars, le ministre des finances a présenté le budget au parlement, en donnant des informations sur la façon dont cette politique serait financée : les fonds devaient venir du pétrole et des recettes fiscales.

Budget d'évaluation de la coalition Ghana National Education Campaign Coalition (GNECC)
Après analyse, cependant, la coalition nationale de la CME au  Ghana (GNECC) a trouvé le budget inadéquat. De plus, il n’y avait aucune provision pour l'absorption du nombre excessif d'élèves qui devaient s’inscrire. En outre, la politique serait déployée de façon universelle, ce qui signifie qu’il n’y aurait pas de distinction entre les élèves qui peuvent se permettre de payer et ceux qui ne le peuvent pas, et, pire encore, les élèves qui vont dans les écoles secondaires du gouvernement aux ressources importantes ont tendance à venir de milieux plus aisés. Les élèves de milieux plus défavorisés finissent souvent par se retrouver dans des écoles aux ressources plus faibles ou doivent avoir recours à des écoles privées qui les admettront, quel que soit leur niveau de certification, à condition que les frais soient réglés. Le gouvernement n’a toujours pas indiqué de plan pour veiller à ce que les ressources soient investies dans ces écoles, pour les élèves qui en ont le plus besoin.

Le gouvernement s’engage à tenir compte des avis de la société civile
Pendant ce temps, alors que le gouvernement fait de l'éducation secondaire gratuite une priorité, de nombreuses difficultés restent au niveau principal. Le mauvais état des infrastructures, les supports d’enseignement et d'apprentissage inadaptés et les résultats de mauvaise qualité comptent parmi les problèmes soulignés dans l’évaluation de la GNECC. La coalition a publié ses conclusions et une série de recommandations pour le gouvernement, qui comprennent le besoin de tirer des leçons des erreurs passées et de s'attaquer aux inégalités dans l’éducation. Ceci a fait l’objet d’une couverture médiatique importante, et a été mentionné lors du débat sur le budget au parlement. Le ministre de l'éducation s’est engagé à examiner les questions soulevées et des discussions sur la politique sont en cours. La société civile joue un rôle clé pour rendre le gouvernement responsable de sa promesse visant à offrir une éducation gratuite, de qualité et équitable à tous les Ghanéens. 

TogoTOGO : Partager des informations sur la politique de l'éducation avec ceux qui en ont besoin

Depuis l’adoption du dernier plan sectoriel de l'éducation du Togo en 2011, le gouvernement et ses partenaires, notamment la coalition nationale de la CME, la Coalition Nationale Togolaise pour l'Education Pour Tous (CNT/EPT), ont produit une revue annuelle visant à évaluer les évolutions et les difficultés en les alignant sur les objectifs de développement internationaux (par exemple les ODD). La CNT/EPT a pensé qu’un résumé de ces revues - ainsi que des informations clés qui n’y figuraient pas - devait être mis à disposition de l’ensemble des ministères du gouvernement, des ONG et, très important, des citoyens, à savoir élèves, parents et enseignants. Le document souligne également qu’il relève de la responsabilité de l’État d'assurer le droit à l'éducation accessible à tous les Togolais, tel qu'indiqué dans les objectifs de développement durable.

«  Merci à la CNT/EPT,  je viens d'apprendre ce qu’est vraiment la revue du plan sectoriel de l'éducation ! », a déclaré un inspecteur des écoles secondaires de la région des Maritimes.

« Aujourd’hui, j'ai découvert la revue sectorielle et me suis rendu compte que, en tant qu’élève, le plan sectoriel de l’éducation me concerne », a fait remarquer un élève.

La coalition a pu rassembler des témoignages, et surtout des opinions, des préoccupations, des questions et des recommandations des acteurs de terrain. Ceux-ci seront transmis aux autorités et devront être pris en compte à temps pour la prochaine revue cette année. L’UNICEF s’est engagé à reproduire 5 000 exemplaires du livret que la coalition distribuera dans les zones rurales, où les enseignants sont moins susceptibles d'avoir ce type d’informations. À l’avenir, la CNT/EPT a l’intention de réitérer cette initiative après chaque revue sectorielle afin d'aider à mieux informer le public et la communauté éducative au Togo. 

Lisez cet article (en français) pour en savoir plus


Photos :

1) La coalition du Burkina Faso rencontre le chef de canton. Crédit : Coalition Nationale pour l’Education pour Tous du Burkina Faso (CNEPT)
2) Marche organisée par la coalition de Tanzanie. Crédit : TEN/MET (Tanzania Education Network/Mtandao Wa Elimu Tanzania)
3) Atelier sur le plan sectoriel de l'éducation au Togo. Crédit : Coalition Nationale Togolaise pour l'Education Pour Tous (CNT/EPT)