8 mars 2010 La Campagne mondiale pour l’éducation profite de la Journée internationale de la femme pour demander aux gouvernements de placer les femmes et les filles en priorité dans l’agenda de l’éducation.
Aussi longtemps que ce ne sera pas le cas, les injustices liées au genre continueront de prévaloir dans nos écoles et nos communautés. C’est ce qu’a souligné, Maria Khan, membre du conseil d’administration de la CME, qui s’est exprimée le 8 mars pour la Journée internationale de la femme en évoquant les mesures nécessaires pour offrir une bonne éducation à toutes les femmes et toutes les filles à travers le monde.
« On ne peut imaginer atteindre les objectifs de l’Education pour tous sans s’occuper spécifiquement des problèmes d’apprentissage des femmes et des filles et de leurs préoccupations, affirme Maria Khan. Nous devons aborder la question de l’égalité des sexes de façon bien plus substantielle et approfondie que par le passé. L'égalité des sexes dans l'éducation fait partie intégrante du défi global de l'éducation et de la lutte contre la discrimination sexuelle de façon plus large, et nous devrions parler de ce sujet bien davantage que ce que nous avons fait jusqu’à présent. »
Selon le dernier Rapport mondial de suivi sur la situation de l’éducation publié récemment par l’UNESCO, si la proportion de filles parmi les enfants non scolarisés a baissé de 58 à 54 %, la discrimination sexuelle reste très prononcée dans les pays arabes, en Asie centrale et en Asie du Sud et de l’Ouest.
Selon cette étude, dans neuf pays arabes sur les onze pour lesquels on dispose de données, les filles représentent moins de 40 % des effectifs. Le rapport indique qu’au Yémen, près de 80 % des filles non scolarisées n’ont pratiquement aucune chance d’aller à l’école un jour contre 36 % chez les garçons, et qu’au Pakistan en 2006, les filles représentaient 60 % de l’ensemble des enfants non scolarisés.
Le rapport contient de nombreux exemples de disparités entre les genres. En Iran par exemple, le taux de chômage chez les femmes de 20-24 ans est aujourd’hui deux fois plus élevé que chez les hommes du même groupe d’âge ; au Tchad, en Ethiopie et au Mali, les femmes ont 1,5 fois plus de risques que les hommes d’être analphabètes ; en Algérie et au Yémen, les taux d’analphabétisme sont deux fois plus élevés chez les femmes que chez les hommes, et au Bangladesh le taux d'analphabétisme des femmes de 25-34 ans dépasse de 32 % celui des hommes dans le même groupe d’âge.
« Nous devons bannir l’idée que les filles sont des individus de seconde catégorie – et le meilleur moyen de le faire consiste à mettre la priorité sur l’éducation des filles, affirme Assibi Napoe, présidente du conseil d'administration de la CME. Nous devons nous assurer qu'elles quittent l'école confiantes et fières, munies d'un bon bagage de connaissances. Quand j’étais enfant, on traitait les femmes et les filles de ‘grenouilles’ parce qu’elles ne servaient à rien. Mais dans ma famille, il n’y avait pas de garçon et ma soeur aînée a ainsi pu aller à l'école pour devenir ensuite la première femme du pays à entrer à l'université. Chacun a droit à sa chance dans la vie. »
|