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Les filles y ont droit ! (Incomp)

 

 

Nous sommes en 2012, et 1 femme sur 4 ne peut pas lire cette phrase.

C'est une tragédie et une négation des droits à grande échelle. En 2005, le monde a manqué la première cible qui avait fait l'objet d'un accord dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) : l'élimination de l'inégalité des sexes dans le primaire et le secondaire avant cette année-là. Malgré la protestation d'organisations de la société civile et de spécialistes des sciences de l'éducation, cette omission n'a suscité quasiment aucun commentaire ni retenu l'attention la communauté internationale en général.

Depuis cette date, le progrès a été continu, au moins dans le domaine de l'éducation primaire, la disparité des taux d'inscription reculant progressivement si bien que les filles représentent à présent 53 % des enfants non scolarisés. C'est une nette amélioration par rapport au début de la décennie, quand 60 % des enfants non scolarisés étaient des filles (UNESCO 2000).
De la même façon, l'Indice de Parité des Sexes (IPS) dans les taux net d'inscription (TNI), qui reflète la proportion de filles par rapport aux garçons dans le primaire est maintenant de 0,98, ce qui représente une évolution significative par rapport au 0,93 d'il y a douze ans (UNESCO 2000).

Malgré la présence d'un nombre plus élevé de filles en classe, des millions de filles dans le monde continuent à être confrontées à la discrimination et à la violence, et à être l'objet de négligence, d'exploitation et d'abus. Alors que l'éducation peut jouer un rôle d'émancipation en rendant les filles autonomes et en leur donnant les mêmes chances qu'aux garçons, la discrimination systémique contre les femmes et les filles contribue à empêcher nombre des plus marginalisées d'entrer à l'école, d'apprendre les compétences fondamentales, et de continuer à être scolarisées après le primaire.

Dans de nombreux pays, le rôle des femmes est défini par le travail domestique non rémunéré qu'elles accomplissent pour tenir leur maison, et par leur rôle reproducteur au sein de la famille. Leur dépendance économique par rapport aux hommes, leur manque de participation à des sphères publiques comme des structures locales de gouvernance et au marché du travail, la violence physique et sexuelle et les définitions socio-culturelles du rôle qu'il convient aux femmes d'avoir se recoupent tous dans la négation systématique de l'égalité des droits des femmes et des filles – y compris le seul et unique droit qui a le plus de chance de transformer leur pouvoir et leur autonomie : l'éducation.

 

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Lisez le rapport : Changeons les choses

 

Ce rapport atteste clairement que des millions de filles à travers le monde restent encore privées de leur droit à une éducation complète qui les aide à acquérir leur autonomie.

Graça Machel, présidente et fondatrice de FDC, Graça Machel Trust

 

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Ce rapport de la CME et l'organisation RESULTS montre que des millions de filles sont obligées d'abandonner leurs études en raison de la pauvreté, du travail des enfants, des mariages précoces, des risques de violence sexuelle, de la piètre qualité ou de l'inadaptation de l'enseignement dans les écoles. Il examine 80 pays pauvres en termes de progrès réalisés pour l'éducation des filles.
 
Selon cette analyse, la RDC, l'Egypte, l'Inde, l'Irak, le Nigeria et le Pakistan figurent parmi les pays qui ne respectent pas le droit des filles à l'éducation. En Afrique subsaharienne, les filles ont moins de 50 % de chances de terminer le cycle primaire. Les filles sont également en mauvaise posture dans certains pays d’Asie : 41 % des filles au Pakistan et 30 % en Inde  ne terminent pas le cycle primaire. Le rapport présente des pays qui ont réussi à améliorer les taux de scolarisation et de maintien à l'école : le Bangladesh, la Jordanie, le Sénégal, la Tanzanie, la Tunisie et l'Ukraine.

 
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C’est tout simplement inacceptable que la majorité des filles d’Afrique ne jouissent toujours pas de droits égaux à l’éducation et soient ainsi privées de la possibilité d’achever le cycle primaire et d’entrer à l’école secondaire. Nous savons comment résoudre ce problème. Aussi longtemps que les filles ne seront pas instruites, la pauvreté ne pourra pas être éliminée. Mais si les filles avaient la possibilité de s’instruire et de réussir dans des écoles sûres et sous la conduite de bons professeurs, rien ne pourrait arrêter cette nouvelle force mondiale de développement.

Angélique Kidjo, artiste récompensée par un Grammy Award et ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF

  

Revendications de la campagne

 

Des plans gouvernementaux forts, appuyés par des ressources, doivent être la pièce maîtresse des efforts pour réaliser l'égalité des sexes dans l'éducation. Tous les gouvernements devraient effectuer un audit des stratégies d'éducation nationale centré sur la question de l'égalité des sexes. Cette démarche doit être complétée par des prévisions budgétaires promouvant l'égalité des sexes qui garantissent que les politiques et les plans favorisant et encourageant les droits des filles à l'éducation reçoivent réellement des fonds. Tous les plans gouvernementaux devraient traiter des questions suivantes :

  1. 1.    Les gouvernements devraient effectuer un audit de la question du genre dans leurs stratégies nationales d'éducation et prévoir un budget qui prenne en compte le genre afin d’assurer que les politiques et plans englobent :
    1. L'élimination progressive des obstacles financiers qui empêchent les filles d’achever leurs études primaires et de continuer dans le secondaire et l’enseignement supérieur. Cela devrait inclure de supprimer les frais de scolarité et les autres coûts, et de mettre en place des mesures pour booster la demande, avec par exemple des bourses, des programmes de cantines scolaires et des subventions ou la gratuité des transports scolaires.
    2. Des améliorations des infrastructures scolaires, notamment par la construction de toilettes séparées et la sécurisation des locaux scolaires.
    3. Des politiques de recrutement qui garantissent une représentation équilibrée des hommes et des femmes dans le corps enseignant.
    4. Des mesures pour éliminer les tendances et les stéréotypes contre les femmes dans l'enseignement et dans l'apprentissage, par exemple, représentation positive des femmes dans les manuels, et  formation à des pratiques équitables dans la salle de classe.
    5. Des mesures d’éradication et réponse adaptée à toutes les formes de violence de genre au sein des établissements scolaires.
    6. Une mesure du progrès des inscriptions, de la progression et de l'apprentissage par rapport à des buts reposant sur l'égalité des genres qui désagrègent les données classées selon le sexe, l'âge, la classe, la richesse et le lieu, entre autres.   
  2. Les gouvernements devraient mettre en place des mesures budgétaires et des processus de planification de façon ouverte et transparente, et veiller particulièrement à intégrer des groupes de femmes, selon leur engagement pour une participation globale de la société civile dans la planification du secteur de l'éducation et de la surveillance du budget.

Les gouvernements doivent aussi déposer et promulguer des lois interdisant les pratiques discriminatoires dans l’administration scolaire, par exemple l’exclusion en cas de grossesse ou de mariage d'enfants.Si le lieu principal du changement dans la quête pour la réalisation de l'égalité des sexes dans l'éducation est l'Etat, le rôle des institutions internationales reste vital. La communauté internationale doit activement s’engager à assurer des droits égaux aux filles et aux garçons dans et par l’éducation.

    1. 4. Le secrétaire général des Nations Unies devrait organiser une rencontre de haut niveau pendant l’UNGASS en septembre 2011, dans le but de sensibiliser les responsables politiques aux difficultés persistantes qui font obstacle à l’égalité entre les sexes dans l’éducation, et d’établir une stratégie d’action concrète au niveau mondial pour généraliser les initiatives permettant d’atteindre l’égalité des sexes à tous les niveaux de l’éducation.
    2. Pendant cette rencontre de haut niveau un processus pour susciter de nouveaux engagements en faveur de l'égalité des sexes dans l'éducation, dont le compte-rendu se ferait en 2012, devrait être mis en place.
    3. Le FMI et les ministères des Finances doivent s’assurer que les modèles macroéconomiques, les recommandations et les décisions politiques tiennent compte du genre et doivent reconnaître le poids disproportionné qui pèse sur les femmes en raison des limitations des dépenses du secteur public.
    4. La Banque mondiale doit vérifier que tous ses accords et opérations dans les pays clients tiennent compte du genre, et que sa nouvelle stratégie ‘d’apprentissage pour tous’ accorde une place prioritaire à la parité des sexes dans l’accès et l’apprentissage tout au long du cycle éducatif.
    5. Tous les donateurs de l’éducation doivent s’engager fermement à réapprovisionner le FTI dans les 3 ans à venir, tout en augmentant leur soutien bilatéral conformément aux objectifs liés au genre convenus pour l’éducation primaire et secondaire, notamment l’élimination progressive de tous les obstacles financiers à l’éducation. Le soutien bilatéral doit être prévisible et cibler les régions et les pays où les filles sont désavantagées par rapport aux garçons.
    6. La communauté internationale devrait créer une Commission internationale sur le viol et la violence sexuelle pour fournir un suivi et des réparations légales pour les jeunes filles qui vivent avec le traumatisme ou la menace de violences sexuelles.
    7. La poursuite du but de parité entre les sexes dans l'inscription a obscurci le besoin d'un niveau équilibré d'attention et d'investissement dans des politiques qui garantiront que les filles peuvent rester à l'école et acquérir l'apprentissage dont elles ont besoin pour être autonomes tout au long de leur vie. Le cadre après-OMD doit inclure des objectifs complets qui portent sur des questions de gouvernance et de mise en œuvre, ainsi que de mémorisation, et d'apprentissage jusqu'à la fin pour les filles et les garçons.