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Témoignages


real_lives_1Sofia en Tanzanie


Je m’appelle Sofia et je vis en Tanzanie. J’ai treize ans et nous sommes sept dans la famille.

Je voudrais vraiment pouvoir aller à l’école un jour et être en uniforme comme les autres filles. Je sais que si j’allais à l’école, je pourrais plus tard aider ma famille parce que j’aurais un bon travail et un bon salaire.

Avant, je passais mes journées à garder les vaches et les chèvres de mon père, mais elles sont presque toutes mortes à cause de la sécheresse. Aujourd’hui, mon père est très malade ; il a été emmené dans un hôpital très loin pour y être soigné. J'aimerais pouvoir l'aider.

Maintenant, j’aide ma mère à vendre des fruits au marché et je m’occupe des tâches domestiques. Quand ma mère est malade, je vais au marché toute seule parce que nous avons besoin de cet argent pour acheter la nourriture et d’autres produits de première nécessité.

 

L’éducation est sans doute le meilleur outil pour lutter contre la pauvreté. Une personne éduquée gagnera davantage d’argent et pourra mieux soutenir sa famille.

 





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Nabirye en Ouganda


“Je l’appelle Nabirye Oliver et j’ai environ 9 ans. Je vis avec mes quatre sœurs et mes deux frères dans un petit village du sud-est de l’Ouganda. Notre maison n’est pas encore entièrement terminée – il y a deux petites chambres à coucher et un petit poulailler qui attend encore l'arrivée des poules.

Je suis aveugle de naissance, mais je me lève et je m’habille tous les matins toute seule. Pendant la journée, j’aide ma mère à faire la vaisselle et à chercher de l’eau.

Lorsque mes amis sont là, nous sautons à la corde et nous jouons à cache-cache ; mais quand ils vont à l’école, je reste seule avec ma mère.

Quand j’avais six ans, je suis allée à l’école et j’ai appris à compter sans faute jusqu’à cent, mais ma famille n’avait pas assez d’argent pour me laisser à l’école.

Je suis triste de rester à la maison quand tous mes amis vont à l’école.”

 

Un tiers des enfants non scolarisés sont atteints d’un handicap. Sans éducation, il sera impossible de briser le cycle du handicap et de la pauvreté.

 


real_lives_3Eduardo en Angola

 

Eduardo, 12 ans, d’Angola, est aujourd’hui scolarisé mais a été privé d’école pendant des années à cause de la guerre dans son pays.

 

“Pendant une grande partie de ma vie, je n’ai pas pu aller à l’école à cause de la guerre qui sévissait ici en Angola. Mais maintenant j’ai de la chance. Enfin, je peux m’instruire ! Avant de nous installer dans ce village, ma famille et moi vivions dans la forêt. Pendant deux ans, nous nous sommes cachés pour échapper aux soldats qui nous pourchassaient. Une fois nous nous sommes cachés dans une rivière, nous n'avions rien à manger, pas d'abri ni de couvertures ni de tente - rien du tout. Aujourd'hui dans mon école, les cours se déroulent sous un arbre. Nous étudions les maths et le portugais. Le soleil fait mal aux yeux et quand il pleut, nous devons courir nous réfugier à la maison ou attendre sous les branches jusqu’à ce que cela s’arrête. C’est embêtant que nos cahiers soient mouillés par la pluie.

Après l’école, je voudrais devenir enseignant ou chauffeur. J’aimerais pouvoir conduire et ramener mes parents dans leur village.”

Plus de la moitié des enfants non scolarisés vivent dans des zones affectées par des guerres et des conflits. L’éducation peut apporter protection et stabilité, et le potentiel pour commencer à reconstruire une société plus paisible et plus prospère.



real_lives_4Sakina au Nigeria

 

Sakina, 12 ans, vit dans une région isolée au nord-ouest du Nigeria, où dans certains endroits, seule une fille sur trois va à l'école, et un grand nombre d'entre elles abandonnent prématurément  leurs études en raison de la pauvreté extrême et des traditions culturelles.

 

“J’allais à l’école primaire ici à Tudun Kose mais maintenant je suis trop grande pour y aller, et nous n’avons pas assez d’argent pour m’envoyer à l’école secondaire qui est loin d’ici. Et puis, ils sont en train de préparer mon mariage. Plusieurs garçons ont demandé à mon père de m’épouser, mais le choix n’a pas encore été arrêté. Je passe mes journées à chercher de l’eau et à moudre le millet pour nos repas. Quand je vois d’autres filles qui vont à l’école occidentale, je suis contente pour elles et je les admire. Un jour je les ai suivies, mais le maître m’a dit que j’étais trop âgée pour cette école et j’ai dû repartir.”

 

Les filles représentent 60% de tous les enfants non scolarisés. L’éducation sauve des vies en donnant aux femmes l’assurance et le pouvoir nécessaires pour faire de meilleurs choix, tant pour elles-mêmes que pour leurs enfants.

 





real_lives_5Raheem en Inde

“Je m’appelle Raheem mais mon patron m’appelle Jerry ! J’ai 8 ans et je vis à Hyderabad en Inde avec ma famille. Nous vivons dans une seule pièce dans un bâtiment surpeuplé. Maman dit que je suis vilain parce que parfois, je retire la chaise où mes frères veulent s’asseoir. C’est vrai, mais je fais aussi ce qu'on me dit !

Quand j’avais six ans, j’ai dû quitter l’école pour travailler dans un magasin de vêtements et aider à payer la nourriture pour ma famille. Quand je vois tous les autres enfants aller à l'école, je me sens exclu.

Et puis Maman a entendu parler d’un projet local qui aide les enfants travailleurs comme moi à retourner à l’école. On te donne des livres et un uniforme, et tu suis des cours pour rattraper ton retard. Maintenant je retourne à l’école tous les matins. Quand je ne travaille pas toute la journée, j’ai le temps de jouer au cricket.

C’est dur de travailler toute l’après-midi et souvent, je suis fatigué, mais je gagne 5 à 10 roupies (0,10€) par jour, et ça aide ma famille. Parfois j’arrive à économiser quelques roupies pour aller à la salle de jeux et jouer à des jeux vidéo.”

 

Près de 250 millions d’enfants à travers le monde doivent travailler pour aider leur famille. Ils sont privés de toutes sortes de choses comme aller à l’école, faire du sport ou rencontrer des amis.

 


 

real_lives_6Mahder en Ethiopie


“Je m’appelle Mahder, j’ai 12 ans et j’adore courir, jouer au volley et regarder les idoles pop éthiopiennes. Mon père était tailleur, il est mort il y a quelques années. Avant sa mort, j’allais à l’école et je mangeais à ma faim. Quand il est mort, j’étais très triste. J'ai continué l’école pendant un mois encore, et puis j’ai dû arrêter parce que nous n’avions plus d’argent. Quand mes amis allaient à l’école, je pleurais toute la journée. Je ne faisais pas grand-chose, à part lire mes vieux manuels scolaires et aider ma maman. Je me sentais frustré et en colère.

Maman travaille jour et nuit pour que nous puissions survivre. Elle a plusieurs emplois. Elle trie les grains de café dans une fabrique de café, transporte de lourdes briques sur un chantier et fait aussi parfois des ménages. Elle est souvent fatiguée.

Mon petit frère Nathaniel, qui a 6 ans, est très malade. J’aide Maman à s’en occuper. Ça me bouleverse quand on nettoie ses plaies, parce qu’il souffre beaucoup. Il est trop malade pour aller à l’école, alors c'est moi qui lui apprends à lire et à écrire. Ça me met en colère de savoir que tous les enfants d'Ethiopie n'ont pas la possibilité d'aller à l'école.”

 

Des millions d’enfants sont obligés d’abandonner leurs études, souvent à cause de la pauvreté, avant d’avoir achevé ne serait ce que leur éducation de base.

 

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Tobias en Zambie

“Je m’appelle Tobias. C’est mon oncle qui m’a donné envie de devenir enseignant. Quand j’étais petit, j’avais l’habitude de m’asseoir près de lui et de le regarder lire, et c’est ainsi que je me suis vraiment intéressé aux études.

Cela fait maintenant 17 ans que j’enseigne en Zambie. Pendant ce temps, les choses sont allées de mal en pis. Les enfants sont de plus en plus nombreux à venir à l’école, mais les enseignants sont de moins en moins soutenus.

Nous enseignons à des classes de 70 élèves. Nous devons corriger tous les cahiers, puis évaluer le travail de chaque enfant. Ce n’est pas facile. Il arrive souvent que le salaire soit en retard, et nous l’attendons parfois pendant 45 jours, mais pendant ce temps nous devons quand même payer notre loyer et faire vivre notre famille. Beaucoup de mes collègues ont de gros problèmes, les membres de leur famille sont morts de l'une des nombreuses maladies qui sévissent dans le pays. Et à l'école, nous nous occupons des enfants orphelins.”

Le manque d’enseignants est encore aggravé par l’absence de moyens et l’imprévisibilité de l’aide. Le monde a besoin de 18 millions d’enseignants supplémentaires dans le primaire pour que chaque enfant puisse bénéficier d’une éducation avant 2015.



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Pedro au Guatemala


“Je suis Pedro. J’habite dans un camp de réfugiés au Guatemala, appelé El Triunfo. C’est là que je suis né. Jusqu'à ces dernières années, mon pays était ravagé par une longue guerre très sanglante. A cette époque, mes parents vivaient dans une zone très dangereuse, ils ont dû quitter leur village et venir ici au camp pour se mettre en sécurité. Ils m'ont dit qu'après leur départ du village, leur maison, l'école et tout le village ont été détruits


Même si le camp n’est pas vraiment un village, nous faisons de notre mieux pour en faire un endroit agréable. Le matin, j’aide ma mère à préparer la tortilla et après j’accompagne mon père pour s’occuper des animaux. Mais le mieux, c’est l’après-midi, quand je vais à l’école. Pendant longtemps, il n’y a pas eu d’école ici, mais maintenant j’y vais tous les jours. C’est très important pour moi parce que je veux devenir médecin quand je serai grand, pour m’occuper des autres.”

 

Pedro fait partie des 25 millions d’enfants déracinés dans le monde actuellement.






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Barun au Bangladesh


Barun a 8 ans, et suit les cours de 3ème niveau à l’école primaire du district de Khagrachari, au Bangladesh. Il appartient à la communauté indigène Tripura qui parle la langue Kokborok. Quand il est arrivé à l’école, Barun ne comprenait pas les cours ni les livres parce qu’il ne connaissait pas le Bengali, la langue de l’instruction. A la maison, il ne parlait que le Kokborok et n'avait jamais été en contact avec la langue nationale du Bangladesh. Son maître ne le comprenait pas et ne pouvait pas communiquer avec lui.

 

Trois ans plus tard, Barun ne comprend et ne parle toujours pas bien le Bengali. Quand il ne comprend pas le maître, il dit qu’il ne connaît pas la réponse, et se fait souvent tirer les oreilles en punition.

Barun : “J’irais à l’école régulièrement et avec plaisir si le maître enseignait en Kokborok.”

 

La moitié des enfants non scolarisés dans le monde vivent dans des communautés dont la langue est différente de celle de l’école. Cela constitue un énorme obstacle à l'apprentissage.

Des millions d’exclus

 
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