Les Centres d’Apprentissage Communautaire au Burkina-Faso : une alternative pour l’éducation en situation de crise ?

Le contexte ouest-africain dans lequel travaille Pamoja Afrique de l’Ouest est depuis des décennies à l’épreuve de la pauvreté et du sous-développement qui peinent à être jugulés. A cet environnement déjà préjudiciable, se greffe aujourd’hui la montée du terrorisme, surtout dans les pays comme le Mali, le Niger, le Nigéria et le Burkina-Faso. De fait, la menace du terrorisme et de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel constituent une préoccupation croissante de nombreux acteurs locaux, régionaux et internationaux. L’une des conséquences dramatiques de cette situation insécuritaire est la perturbation des activités scolaires et éducative.

C’est devenu fréquent d’entendre dans les médias et d’appendre des partenaires sur le terrain que des enseignants et leurs apprenants sont agressés et tués. C’est ce qui s’est passé en Avril dernier à Maytagou, une localité du Burkina Faso. Dans un communiqué rendu public en février 2019, l’Unicef indique que « l’insécurité persistante et croissante dans la région africaine du Sahel a contraint près de 2.000 écoles au Burkina Faso, au Mali et au Niger à fermer leurs portes ou à cesser de fonctionner ». Ainsi, l’éducation de plus de 400.000 enfants est perturbée et au moins 10.050 enseignants sont empêchés de travailler ou forcés d’abandonner leur poste d’affectation à cause des menaces, des attaques contre des installations scolaires et de la réquisition des écoles à des fins militaires. Comme le précise Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF, « lorsque les enfants manquent l’école – en particulier en période de conflit – ils ne sont pas seulement incapables d’acquérir les compétences nécessaires pour bâtir des communautés prospères et en paix, ils deviennent également vulnérables aux formes d’exploitation horribles, notamment les abus sexuels et le recrutement forcé dans des groupes armés ».[1]

Les Centres d’Apprentissage Communautaires (centres Reflect ou centre d’alphabétisation) ne sont pas attaqués comme les établissements d’enseignement formels. Que ce soit dans les régions touchées ou celles où les apprenants trouvent refuge, elles continuent de fonctionner. Pamoja AO veut donc saisir cette opportunité pour maintenir la continuité de l’offre éducative. Les conditions de mise en œuvre de cette réflexion relative à l’éducation en situation d’urgence sont en voie d’être définies. Cependant la responsabilité incombe à l’État Burkinabé de sécuriser les écoles, de garantir le droit à l’éducation et de faire en sorte que personne ne soit laissé de côté dans la réalisation de l’ODD 4.

[1]https://news.un.org/fr/story/2019/02/1037382

 

Auteur: PAMOJA AO



1 Comment

  • Les Centres d’Apprentissage Communautairesne sont pas attaqués comme les établissements d’enseignement formels.
    la responsabilité incombe à l’État Burkinabé de sécuriser les écoles, de garantir le droit à l’éducation .
    Merci chère Julia Sestier

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