Conférence de presse sur le financement de l’Education au Cameroun : plaidoyer du CEFAN pour l’augmentation du Budget de l’éducation au Cameroun.

 

          

 

Mesdames et Messieurs les Journalistes,

Distingués invités,

Au nom des 63 Organisations de la Société Civile (OSC) que compte le CEFAN (Cameroon Education For All Network) dont je suis le président, je tiens au préalable à vous remercier pour avoir répondu présents à notre invitation.

Je voudrais en suite faire un zoom sur le CEFAN, juste pour vous faire comprendre que Le CEFAN (Cameroon Education For All Network) est le réseau camerounais des OSC de l’éducation qui s’est dédié depuis sa création en 2005 au suivi des politiques publiques dans le secteur de l’éducation par le plaidoyer, basé sur des évidences (Recherche-action). C’est une coalition de soixante-trois (63) Organisations de la Société Civile (OSC) de divers ordres (Organisations Non Gouvernementales (ONG) Nationales et internationales, associations, syndicats, journalistes) qui travaillent sur les questions de l’éducation et implantées sur l’ensemble du territoire du Cameroun. C’est une association nationale à but non lucratif et apolitique de droit camerounais reconnu suivant le récépissé de déclaration d’association N°001073/RDA/JO6/BAPP du 01 décembre 2005 conformément à la loi camerounaise N°90/053 du 19 Décembre 1990 portant sur la liberté d’association.

Enfin, je tiens à préciser que cette rencontre s’inscrit dans la suite de la 3ème conférence de reconstitution des fonds du Partenariat Mondiale pour l’Education (PME) tenue à Dakar au Sénégal les 1er et 2 février 2018. Cette conférence avait mobilisée un grand nombre de partenaires de l’éducation venant des différents pays du Monde. Le Cameroun était représenté à cet événement par le Ministère des Enseignements Secondaire (MINESEC), pour la partie gouvernementale et le CEFAN pour la partie société civile.

En effet, Lors de ces assises, des engagements ont été pris par les différentes parties prenantes à savoir :

– Les bailleurs ont annoncé des contributions au PME d’un montant total de 2,3  milliards de dollars

– Les pays en développement, dont le Cameroun ont promis des financements de 110

milliards de dollars pour l’éducation, – La société civile portée par la Campagne Mondiale pour l’Education dont le CEFAN est membre aux côtés d’ANCEFA (Africa Network Campaign For All) avait pris l’engagement de veiller à ce que ces promesses soient concrétisées.

Ainsi, Le Gouvernement du Cameroun a pris l’engagement de porter le niveau des dépenses de l’éducation, dans la période 2018-2020, à plus de 18,5% du budget national, soit environ 850 milliards (Déclaration du gouvernement du Cameroun représenté par le MINESEC le 02 février 2018 à Dakar). A titre de rappel, le budget de l’éducation se chiffre à 673,494 milliards de Fcfa, soit 14,92 % du budget national en 2018 (loi de finance 2018, p34, compilation des chiffres des 05 départements ministériels de l’éducation ; à savoir : MINEDUB, MINESEC, MINESUP, MINEFOP et MINJEC). Malgré cet engagement « louable » du gouvernement camerounais dans un contexte de crise sécuritaire, qui témoigne de la volonté du gouvernement de faire de l’éducation « une priorité de son action publique » tel que prescrit dans loi de 98 portant sur l’éducation au Cameroun, il se trouve que le taux de 18,5% promis à Dakar en février 2018 reste insuffisant pour « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » (ODD4-Education). L’idéal serait de franchir la barre d’au moins 20% recommandé par l’agenda 2030. Toutefois, il est bon que cet engagement du gouvernement soit réalisé. Pour cela, sachant que le gouvernement a plusieurs chantiers sur sa table, il est de notre (acteurs de l’éducation) devoir de rappeler au gouvernement ses engagements en faveur de l’éducation.

Mesdames et Messieurs les Journalistes, Distingués invités,

Le message que nous voulons porter à votre attention pour large diffusion est celui d’un plaidoyer pour l’augmentation du budget de l’éducation au Cameroun.

Précisément, le réseau camerounais des organisations de la société civile de l’éducation(CEFAN) demande au gouvernement du Cameroun d’augmenter le Budget de l’éducation de 673 milliards en 2018 à au moins 750 milliards en 2019 et à plus de 850 milliards en 2020 pour respecter ses propres engagements et de se rapprocher des normes internationales.

Notre plaidoyer est fondé sur les évidences suivantes:

D’abord au plan international, le Cameroun avait ratifié l’agenda 2030 des Nations Unies, portant sur les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), dont l’ODD4 qui recommande à toutes les nations de l’Organisation des Nations Unies (ONU) d’accorder au moins 20% de ses dépenses publiques ou au moins 6% de son PIB au secteur de l’éducation, or il se trouve que le Cameroun est encore loin de franchir ce quota.

Ensuite, au plan national, le Cameroun a fait de progrès dans le secteur en prenant des mesures pour assurer la qualité de l’éducation. Nous pouvons citer sans être exhaustif entre autres:

+la loi de 98 sur l’éducation qui ressort clairement en son article 2 que « l’éducation est une grande priorité nationale »

+La suppression des frais exigibles dans l’enseignement primaire publique décrétée par le Président de la République

+La construction et l’équipement de plusieurs infrastructures scolaires sur le Budget d’investissement Public (BIP)

+L’octroi du paquet minimum

+La formation et le recrutement des enseignants

 

Toutefois, ces mesures s’avèrent très insuffisantes au regard des besoins criards observés sur le terrain:

– la gratuité de l’école primaire publique telle que souhaitée par les instances internationales (EPT) reste problématique car les frais d’APEE semblent se substituer aux frais de scolarité supprimés dans les écoles primaires publiques. Ce qui ne permet pas toujours aux parents pauvres d’envoyer tous leurs enfants à l’école.

– L’éducation pour tous a du mal à être une réalité au Cameroun (les cas de la scolarisation des filles, des minorités autochtones et des couches vulnérables comme des personnes vivants avec un handicap, etc)

– le paquet minimum, malgré son évolution reste insuffisant

– la norme sur le ratio d’élèves par salle de classe n’est pas respecté.

 

La société civile de l’éducation pense que ces problèmes persistent au Cameroun, car la principale raison reste l’insuffisance de l’enveloppe budgétaire allouée au secteur de l’éducation. D’où notre plaidoyer à l’endroit :

  • Du Gouvernement de la République pour augmenter le budget de l’éducation conformément aux normes internationales (ODD4), en commençant par respecter son engagement pris à Dakar en février 2018,
  • Aux 05 Ministères en charge de l’éducation au Cameroun (MINEDUB, MINESEC, MINESUP, MINEFOP et MINJEC) de préparer des budgets qui correspondent aux engagements du Gouvernement
  • Des Parlementaires dont la session budgétaire s’ouvre ce mois de novembre 2018, d’exiger une augmentation du budget alloué à l’éducation conformément aux engagements du Gouvernement pris à Dakar en février 2018,
  • Au MINFI, de répartir le Budget sachant qu’au moins 18,5% du budget national doit être affecté à l’éducation,
  • Aux PTFs (Partenaires Techniques et Financiers), de soutenir davantage le gouvernement pour financer considérablement l’éducation,
  • Aux OSCs (Organisations de la société Civile), de veiller à ce que les engagements du gouvernement soit respectés,
  • Aux médias, de communiquer largement sur les engagements du Gouvernement du Cameroun pris à Dakar sur le financement de l’éducation.

Le Président du CEFAN

Shey* NDEZELEN SERKFEM Benjamin



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