Table ronde de Foro Socioeducativo sur les bonnes pratiques dans les centres éducatifs périscolaires

Foro Socioeducativo a présidé une table ronde sur les bonnes pratiques dans les centres éducatifs périscolaires le mardi 26 mars à l’université Pontificia Universidad Católica Madre y Maestra, Campus Santo Tomás de Aquino (PUCMM/CSTA), dans le cadre de la célébration de la seconde Semaine de l’Amérique latine pour le droit à l’éducation, dont le thème était « Éduquer pour la liberté : pour une éducation émancipatrice et garante des droits ».

Docteur Alina Bello, directrice de la Faculté des sciences humaines et des sciences sociales de PUCMM/CSTA, a prononcé l’allocution de bienvenue. Quelques mots d’introduction ont été délivrés par la Professeur Argentina Henríquez, directrice du conseil d’administration du Centro Cultural Poveda et membre de l’équipe de coordination de Foro Socioeducativo. Docteur Rita Maria Ceballos et Professor Magda Yvelisse Díaz, toutes deux expertes, enseignantes à la Faculté des sciences humaines et des sciences sociales de PUCMM/CSTA et consultantes chez Foro Socioeducativo, étaient chargées de présenter la table ronde et de diriger la discussion en s’inspirant de quatre exemples de bonnes pratiques. Ynmaculada Torres, professeur et directrice de la Faculté des sciences humaines et des sciences sociales de PUCMM/CSTA a prononcé les mots de clôture de la rencontre, qui avait été animée par l’Honorable Pedro Acevedo, coordinateur de Misión Educación Lasallista et coordinateur général de Foro Socioeducativo.

Au cours de la table ronde, une systématisation de quatre bonnes pratiques dans les processus d’apprentissage a été présentée :

  • « Le Livre du Voyageur, une exploration des idées pour un monde meilleur » (en espagnol : « El Libro Viajero, un viaje de ideas para un mundo más bonito »), présenté par le Professeur Altagracia Sánchez Pacheco de la General School Antonio Duvergé, décrit le rôle des familles dans la promotion de l’alphabétisation et d’une culture de la lecture auprès de leurs enfants.
  • Un atelier sur la langue des signes « Apprendre la langue des signes pour éliminer les barrières à la communication » (en espagnol : « Taller de Lengua de Señas : Aprendiendo lengua de señas para eiliminar barreras de comunicación »), animé par la Professeur Lucía Pérez de la Cruz à la Sabana Japóny High School, visait à enseigner à des jeunes la langue des signes avec l’appui de jeunes malentendants, afin de renforcer les relations et l’harmonie entre eux.
  • « Une stratégie méthodologique pour développer la compréhension de la lecture avec des élèves malentendants » (en espagnol : « Estrategia metodológica para trabajar la comprensión lectora con estudiantes sordos ») a été présenté par la Professeur Julia Pérez de la Cruz de l’école publique du Centre chrétien d’enseignement pour les sourds.
  • « Mon cerf-volant est une fraction. Une façon amusante d’apprendre les mathématiques, en construisant des polygones, des fractions et des cerfs-volants. » (en espagnol : « Mi chichigua es una fracción. Un aprendizaje divertido en matemática, constryendo polígonos, fracciones y chichiguas »), présenté par le Professeur José Rafael Núñez Sánchez, propose une nouvelle manière d’apprendre les mathématiques et de déconstruire la peur autour de cette manière à l’aide d’activités constructives qui tiennent compte des expériences et des préférences des enfants.

Ces exemples de bonnes pratiques dans l’éducation s’inscrivent dans le cadre de l’enseignement primaire et du premier cycle secondaire.

Les représentants de Foro Socioeducativo ont plaidé en faveur d’une systématisation de ces expériences éducationnelles en vue d’améliorer la qualité des processus d’apprentissage, en précisant qu’il s’agissait de « penser et de réfléchir à ce que nous faisons afin de l’améliorer ».

La table ronde s’est terminée avec l’affirmation que la République dominicaine peut compter sur des enseignants qui sont des sources d’inspiration et qui partagent généreusement leur temps et leur passion en donnant le meilleur d’eux-mêmes à l’école, aux élèves et au pays. Il y a aussi dans les centres éducatifs des équipes de direction qui encouragent et favorisent le développement des bonnes pratiques en appuyant leurs enseignants.

Les participants à la rencontre ont également déclaré qu’il fallait approfondir la réflexion autour des pratiques éducatives. S’agissant de la journée de travail des enseignants, il convient de distinguer le temps passé en classe à enseigner du temps nécessaire pour préparer les cours, sans oublier les périodes de repos nécessaires (conformément à la législation dominicaine). Les enseignants ont besoin d’espace et de temps pour repenser les pratiques éducatives et y réfléchir avec d’autres collègues. Il faudrait aussi revoir la répartition du temps dans leurs journées de travail, car ils ont également besoin de plus de temps de préparation des cours.

À ce propos, les participants ont souligné que, tout en reconnaissant la valeur de la Politique nationale sur l’éducation périscolaire, lorsqu’on parle de plus de temps pour plus de qualité, on met habituellement l’accent sur le temps que les élèves passent à l’école. Toutefois, cela ne tient pas compte du fait que pour consacrer plus de temps aux élèves, il faudrait aussi laisser plus de temps aux enseignants pour préparer leur travail.

Préparer un cours, un projet, une activité thématique, etc. exige de la rigueur scientifique et didactique, l’étude du sujet et de la créativité, ce qui demande un réel investissement en temps de travail, au-delà des 45 minutes ou des 2 heures hebdomadaires. C’est un défi qui pourrait être résolu par une révision de cette politique à la lumière de ce qui proposé dans le Plan décennal de l’éducation 2008-2018 (politique 6, section 6.3), qui suggère de diviser la journée de travail en 5 heures en classe et 3 heures pour la préparation des cours.

Enfin, il a été souligné que la formation des enseignants et la planification des processus d’apprentissage sont des enjeux contre la montre. Le processus de systématisation nous place également face à des défis en matière de politiques de formation des enseignants, initiale et continue. Comment les universités et les instituts de formation des enseignants se forment-ils ? Qui forme nos enseignants de manière à ce qu’ils soient à même de proposer des programmes scolaires officiels et de faire progresser les sciences de l’éducation ?

La planification des processus d’apprentissage est un défi à double sens. Il requiert d’une part une maîtrise didactique et thématique et d’autre part, du temps et de la disponibilité, comme décrit plus haut.

L’objectif de cette table ronde était de diffuser les résultats de l’étude intitulée « Identification et systématisation des bonnes pratiques dans les centres éducatifs périscolaires » dans le cadre d’un projet de plaidoyer en faveur d’une éducation inclusive, équitable et de qualité, avec le soutien de la Campagne d’Amérique latine pour le droit à l’éducation (CLADE) et du Fonds de la société civile pour l’éducation (FSCE).

Cliquez ici pour accéder au lien vers le document « Identification et systématisation des bonnes pratiques dans les centres éducatifs périscolaires ».

Foro Socioeducativo (FSE) est une coalition composée d’organisations de la société civile qui réfléchissent et débattent sur des questions socioéducatives depuis l’année 2000. Ils génèrent des informations et élaborent des propositions pour influencer et améliorer l’éducation en République dominicaine et favoriser la constitution d’une citoyenneté critique forte ainsi que la construction d’un État de droit. FSE compte actuellement un réseau de 15 institutions, dont des universités et des organisations non gouvernementales du secteur de l’éducation.

Plus de détails sur : www.forosocioeducativo.org.do



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