La Société Civile Africaine s’engage pour l’éducation inclusive et équitable de qualité en Afrique

La Société Civile Africaine s’engage pour le renforcement des initiatives de responsabilisation en vue de la réalisation d’une éducation inclusive et équitable de qualité en Afrique

Le 9ème forum panafricain sur les politiques éducatives organisé par le Réseau Africain de Campagne pour l’Éducation pour tous (ANCEFA) en collaboration avec la COSYDEP s’est tenu du 2 au 4 septembre 2019, à Dakar. Trois jours de réflexions et d’échanges sur le thème : « Renforcer les voies et les initiatives de responsabilisation de la société civile pour la réalisation d’une éducation inclusive et équitable en Afrique ». Pendant les trois jours du Forum sur les politiques éducatives, les participants membres des 39 coalitions nationales de ANCEFA, les partenaires de mise en œuvre des différents projets et programmes éducatifs au niveau régional et global, notamment la CME, le Partenariat Mondial pour L’Education (PME), UNESCO, Oxfam Ghana, Oxfam Ibis, Humanité Inclusion, Action Aid, Educo, FAWE, OSIWA, Action Contre la Faim se sont penchés sur les progrès obtenus en Afrique dans la mise en œuvre de l’ODD4 et de la Stratégie Continentale de l’Éducation pour l’Afrique de l’Union Africaine (CESA 2016-2025). Ce forum a été pour ANCEFA, l’occasion de faire le bilan de la mise en œuvre du Fonds de la Société Civile pour l’Education (CSEF), et d’être orienté sur le Projet  “Éducation à voix Haute” (EOL), successeur du Programme CSEF. Le Forum a été officiellement ouvert par le Ministre de l’Éducation Nationale du Sénégal, Mr Mamadou Talla qui a salué “les efforts de la société civile afin d’offrir à l’Afrique des ressources humaines performantes imprégnées des valeurs africaines ”

Des avancées certaines, mais des progrès globalement lents

En faisant le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’ODD4 et des programmes éducatifs en Afrique en particulier, il a été constaté la persistance des défis traditionnels d’accès pour des groupes de personnes marginalisées et de qualité. L’offre de qualité est insuffisante eu égard au déficit important d’enseignants qualifiés. En Afrique subsaharienne, seuls 64 % d’enseignants du primaire et 50 % d’enseignants du secondaire ont reçu les formations minimums organisées requises pour un enseignement inclusif de qualité, selon l’UNESCO. Ce taux est le plus faible en Afrique subsaharienne, où le ratio élèves / enseignant formé est de 60/ 1 selon le Rapport Mondial de Suivi de l’Éducation 2019 de l’UNESCO.

Pour assombrir le tableau, l’éducation est confrontée à de nouveaux défis tels que l’insécurité. En effet, les conflits internes et les attaques terroristes occasionnant des déplacements de population tendent à endiguer les chances de réussite des enfants dans le secteur de l’éducation. Les menaces contre les enseignants, les attaques contre les infrastructures scolaires et l’utilisation des écoles à des fins militaires ont perturbé l’éducation de plus de 400.000 enfants en Afrique de l’Ouest et forcé plus de 10.000 enseignants à ne pas travailler ou à se déplacer à cause de la violence.

« La qualité de l’éducation est encore véritablement un problème, nous avançons lentement. Les progrès réalisés en Afrique sont souvent confrontés à de nouveaux défis, notamment sécuritaires avec les conflits, ce qui freine la mise en œuvre d’une éducation pour tous et de qualité », a soutenu M. Samuel Dembélé, Président du Conseil d’administration de ANCEFA. Pour lui, il s’agit « d’identifier les nouveaux défis qui s’ajoutent aux anciens non encore résolus. Il est question de définir une stratégie d’ensemble ».

Pour la présidente du conseil d’administration de la COSYDEP, Mme Hélène Rama Niang, il s’agit de « redoubler d’efforts, de multiplier, d’intensifier et de cibler nos initiatives en faveur des populations les plus vulnérables pour qu’elles bénéficient des interventions des gouvernements. »

Une société civile plus forte, plus diversifiée et plus engagée dans le dialogue politique

A l’entame des travaux du Forum, la Coordinatrice Régionale de ANCEFA, Mme Teopista Birungi Mayanja a lancé un appel en faveur d’un repositionnement de ANCEFA et des coalitions nationales pour explorer des stratégies novatrices et créatives en vue d’impulser un changement et imprimer un rythme rapide pour une éducation transformatrice.

Les participants ont eu l’occasion de débattre de l’état des politiques éducatives dans leurs pays respectifs, des initiatives de plaidoyer et des avancées obtenues. Ils ont aussi fait le bilan de l’engagement de la société civile dans le dialogue politique grâce notamment au financement du Fonds de la Société Civile pour l’Éducation, initiative de la CME soutenue par le PME durant la décennie passée et dont la clôture sera en Décembre 2019. Oxfam Ibis, l’agent partenaire du nouveau mécanisme de financement Éducation à Voix Haute et le PME ont aussi longuement débattu avec les participants sur cette nouvelle opportunité et expliqué les attentes de part et d’autre.

A travers des présentations interactives et des débats fructueux, les participants ont aussi échangé sur le Forum Politique de Haut Niveau de 2019 qui s’est tenu en Juillet 2019 à New York sous l’auspice de l’ECOSOC et qui a examiné en profondeur l’ODD4. Les participants ont également échangé sur les initiatives régionales et nationales pour impliquer plus de jeunes notamment les jeunes filles dans la campagne pour l’éducation, le plaidoyer engagé pour une éducation transformatrice et la mise en place des politiques éducatives inclusives prenant en compte le genre et les personnes handicapées.

Une session de renforcement des capacités sur le financement de l’éducation et les questions connexes de privatisation de l’éducation et de justice fiscale a permis d’ouvrir un débat interne sur ses questions et de confirmer la position de ANCEFA alignée sur celle de la CME en faveur du renforcement de l’éducation publique et contre la privatisation rampante et la marchandisation de l’éducation. Les Principes d’Abidjan présentés aux participants ont permis de découvrir comment utiliser ces principes dans le plaidoyer en faveur d’une éducation qui respecte les droits de l’homme et d’appeler les États à jouer leur rôle de contrôle et de régulateur.

A la fin des travaux, la société civile africaine sous l’égide de ANCEFA a renouvelé son engagement pour la mise en œuvre des programmes d’éducation de qualité visant la réalisation d’une éducation équitable et inclusive pour tous dans le cadre de l’Agenda 2030 et de la Stratégie Continentale 2016-2025. Elle s’est engagée à mobiliser ses membres, de la base au niveau des communautés jusqu’au niveau national à faire le suivi pour un financement accru de l’éducation qui tienne compte des questions de justice fiscale, d’équité, d’inclusion de toutes les populations vulnérables et marginalisées. La société civile africaine a réaffirmé l’ancrage national de la campagne pour l’éducation et ses liens avec les autres réseaux régionaux et à l’international avec la CME dans une convergence d’actions qui apporte une valeur ajoutée indéniable au plaidoyer régional.



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